Et si se séparer pouvait aussi être une preuve d’amour ?
Quatrième épisode de notre fameux sunset… qui n’était toujours pas vraiment un sunset.
Décidément, cet apéro face à l’océan était bien plus productif que prévu.
À l’origine, nous étions simplement deux copines venues boire un verre et refaire le monde.
Le sunset, lui, n’a pas vraiment participé.
Mais la conversation, en revanche, ne nous a pas déçues.

Après avoir parlé de besoins, d’ententes, de peur, de sécurité, de liberté et de nos façons respectives de construire nos relations, mon amie m’a posé une question qui revient régulièrement lorsqu’on parle de ma vie sentimentale : « Mais comment tu fais pour rester amie avec tes ex ? »
Et effectivement, cela semble parfois surprendre. Parce que j’ai récemment vécu une séparation.
Une séparation qui ne s’est pas terminée dans la colère, pas de guerre, pas de règlement de comptes, pas de « je ne veux plus jamais entendre parler de toi ».
Nous nous sommes séparés dans l’amour.
Nous avons reconnu que notre relation arrivait à un endroit où elle n’était plus juste pour nous.
Et aujourd’hui, nous continuons parfois à nous appeler, à prendre des nouvelles, à échanger, à nous donner quelques conseils.
Pas parce que nous faisons semblant que rien n’a changé.
Mais justement parce que nous avons accepté que quelque chose ait changé.
Une rupture n’est pas forcément un échec
Je crois que nous avons une représentation assez particulière de la rupture.
Comme si une histoire devait forcément finir dans la douleur.
Comme si se séparer signifiait que quelqu’un avait échoué.
Qu’il y avait forcément un coupable. Un méchant. Une trahison. Un règlement de comptes.
Alors évidemment, certaines séparations sont extrêmement douloureuses.
Certaines sont nécessaires pour se protéger. Certaines interviennent après des blessures profondes, des violences, des trahisons ou des années de souffrance.
Je ne suis évidemment pas en train de dire que toutes les ruptures peuvent se vivre sereinement.
Mais je crois que nous pouvons aussi sortir de cette croyance selon laquelle une séparation est nécessairement une guerre.
Parce qu’il existe aussi des relations qui peuvent se terminer dans la lucidité. Dans le respect.
Dans la gratitude. Et même dans l’amour.
Se séparer avant d'en arriver à se détester
Pour moi, il y a quelque chose de profondément sain dans le fait de savoir partir avant d’avoir atteint le point de rupture absolue. Avant que les frustrations accumulées deviennent des reproches. Avant que les reproches deviennent de la colère. Avant que la colère devienne du mépris. Avant que le mépris nous pousse à dire des choses que nous ne pensions peut-être même pas vraiment.
Nous avons parfois tellement peur de nous séparer que nous attendons d’être au bout de nos limites.
Comme si nous devions avoir une bonne raison. Une raison suffisamment grave.
Comme si « je ne suis plus heureuse ici » n’était pas suffisant.
Comme s’il fallait attendre que tout soit devenu tellement douloureux que partir devienne la seule option imaginable.
Mais peut-être qu’une séparation peut aussi être simplement la reconnaissance lucide de ceci :
« Nous nous aimons, mais nous ne sommes plus bons l’un pour l’autre de cette manière-là. »
« J'aime qui tu es, mais je n'aime pas/plus qui nous sommes ensemble ».
Et cette phrase ne diminue pas ce qui a été vécu. Elle le respecte.
On peut totalement aimer l'autre pour qui il est mais ne plus aimer la relation. C'est complètement différent. J'en parle un peu plus bas.
Arrêter de vouloir changer l’autre
Et puis il y a une autre chose dont nous avons beaucoup parlé avec mon amie :
arrêter de vouloir changer les autres.
Et quand je dis les autres, je parle vraiment des autres : notre compagnon, notre compagne, notre patron, notre collègue, notre ami, notre famille.
Parce que nous avons parfois une extraordinaire capacité à regarder quelqu’un tel qu’il est…
et à tomber amoureux de la version améliorée que nous avons imaginée.
« Il est comme ça aujourd’hui, mais avec le temps… »
« Elle finira bien par comprendre. »
« Quand il aura davantage confiance en lui… »
« Quand elle aura réglé ses blessures… »
« Quand il aura envie de changer de travail… »
« Quand elle sera moins ceci… et davantage cela… »
Et nous voilà engagés dans une mission digne des plus grands travaux publics :
transformer un être humain en quelqu’un qui correspond davantage à notre projet.
Bon courage.
Le chien, le chat et le cheval
Dans La Maîtrise de l’amour, Don Miguel Ruiz utilise une image que j’aime beaucoup.
Il explique en substance que si vous voulez un chien, vous ne prenez pas un chat en espérant qu’il finira par se comporter comme un chien.
Vous ne prenez pas non plus un cheval en espérant qu’il miaulera un jour.
Un chien est un chien.
Un chat est un chat.
Et un cheval est un cheval.
Le problème n’est pas qu’ils soient « mauvais ». Le problème est simplement que vous avez peut-être choisi un animal qui ne correspond pas à ce que vous recherchez.
Et j’aime beaucoup transposer cette idée aux relations humaines.
Si vous rêvez d’un compagnon qui vous saute dans les bras en rentrant du travail, qui adore les câlins, qui vous accompagne partout et qui vous envoie des messages toutes les deux heures…
peut-être qu’il vaut mieux choisir un grand labrador affectif, pas un chat sauvage qui disparaît trois jours dans la montagne et revient quand il a décidé que c’était l’heure de manger.
J’exagère volontairement. Mais vous voyez l’idée.
On ne choisit pas quelqu’un pour ensuite passer sa vie à essayer de le transformer en quelqu’un d’autre.
Mon amie et son « homme idéal »
Et justement, mon amie m’a raconté quelque chose qui m’a beaucoup intéressée.
Au départ, elle imaginait son couple autrement. Elle se voyait avec un homme très dynamique, entrepreneur, très entreprenant, avec une belle réussite professionnelle et financière, peut-être déjà installé, une maison, un gros véhicule.
Bref, une sorte de « package » qui correspondait à l’image qu’elle avait construite de l’homme avec lequel elle pensait vouloir faire sa vie.
Et puis elle a rencontré quelqu’un qui ne correspondait pas du tout à cette description.
Il est super. Elle l’aime. Mais il n’est pas entrepreneur comme elle. Il n’a pas cette même dynamique. Il ne fonctionne pas comme elle. Il n’a pas construit sa vie de la même manière.
Et pourtant… c’est précisément cette différence qui semble lui faire vivre quelque chose dont elle avait besoin.
Et si nous rencontrions parfois exactement la personne dont nous avons besoin… pas celle que nous avions imaginée ?
Parce qu’elle commence à réaliser quelque chose. Elle pensait vouloir quelqu’un qui lui ressemble. Et finalement, elle expérimente une relation avec quelqu’un qui lui ressemble beaucoup moins et cela l’oblige à travailler sur elle, sur son besoin de contrôle, sur ses attentes, sur sa façon d’aimer, sur sa capacité à laisser de l’espace, sur sa capacité à accepter que l’autre fonctionne différemment, sur sa capacité à ne pas mesurer l’amour de l’autre à l’aune de sa propre manière d’aimer.
Et finalement, cette relation lui apprend peut-être exactement ce qu’elle avait encore à apprendre.
C’est assez fascinant, non ?
Mais attention : accepter l’autre ne signifie pas tout accepter
Je veux quand même apporter une nuance importante.
Accepter quelqu’un tel qu’il est ne signifie pas accepter une relation qui ne nous convient pas.
Ce n’est pas : « Je l’aime donc je dois tout supporter. » Non.
C’est justement l’inverse.
Je regarde la personne telle qu’elle est.
Pas telle que j’aimerais qu’elle soit.
Pas telle qu’elle pourrait devenir.
Pas telle que j’imagine qu’elle sera dans cinq ans. Telle qu’elle est aujourd’hui.
Et ensuite, je me pose la question : Est-ce que cette personne me convient ?
Et si la réponse est non, je ne lui demande pas de devenir quelqu’un d’autre.
Je fais un choix.
Je reste ou je pars.
Mais je ne passe pas mon existence à essayer de transformer un chat en chien.
On peut aimer une personne… sans aimer la relation
Et je crois que c’est ici qu’il y a un distinguo fondamental à faire.
On peut aimer profondément une personne et ne pas aimer la relation que l’on construit avec elle.
Les deux ne sont pas incompatibles.
Je peux aimer qui tu es. Aimer tes qualités. Admirer certaines de tes valeurs.
Être profondément touchée par la personne que tu es. Avoir beaucoup de tendresse et d’affection pour toi et pourtant constater que l’association de nos deux personnalités ne produit pas une relation qui me convient.
Parce que peut-être que nos besoins fondamentaux ne sont pas suffisamment nourris.
Parce que nos langages de l’amour sont trop différents.
Parce que nos façons de communiquer ne se rencontrent pas suffisamment.
Parce que notre vision de la vie n’est pas la même.
Parce que nos rythmes sont incompatibles.
Parce que ce que tu es en capacité d’apporter dans une relation ne correspond pas à ce dont j’ai besoin.
Et ce n’est pas forcément la faute de quelqu’un.
Tu peux être une personne formidable et ne pas être la bonne personne pour moi.
Et inversement.
Je peux être une personne formidable et ne pas être la bonne personne pour toi.
C’est parfois difficile à accepter parce que nous cherchons tellement à identifier « le problème ».
Qui doit changer ? Qui doit faire un effort ? Qui a raison ? Qui a tort ?
Alors qu’il existe parfois une réponse beaucoup plus simple :
Nous sommes deux personnes bien. Mais ce que nous construisons ensemble ne me convient pas.
Et là encore, il n’est pas nécessaire de transformer l’autre en coupable.
Je peux simplement reprendre ma responsabilité.
« Je t’aime. Je respecte profondément qui tu es. Mais cette relation ne me nourrit pas suffisamment. Et je choisis d’en prendre la responsabilité. »
Cette phrase me semble infiniment plus saine que :
« Tu n’es jamais assez ceci. » « Tu ne fais jamais cela. » « Si tu changeais, tout irait mieux. »
Aimer quelqu’un n’oblige pas à rester
C’est peut-être une des choses les plus difficiles à intégrer dans une relation.
Nous avons appris que si nous aimons vraiment quelqu’un, nous devons rester.
Nous devons nous battre, faire des efforts, tenir, réparer, patienter.
Et parfois, oui.
Mais parfois, aimer quelqu’un signifie aussi reconnaître que la relation n’est plus juste.
Pas forcément parce que l’autre est mauvais.
Pas forcément parce que l’amour a disparu.
Mais parce que cette relation ne permet plus à chacun de s’épanouir.
Et là, rester uniquement parce qu’on aime peut devenir une forme de renoncement à soi.
Et si partir était parfois une façon de respecter l'autre ?
C’est peut-être là que je veux en venir.
Nous parlons beaucoup de l’importance de rester, de se battre pour son couple, de ne pas abandonner, de travailler sur sa relation.
Et oui, évidemment.
Mais nous parlons beaucoup moins de la possibilité que partir puisse aussi être une décision profondément respectueuse.
Respectueuse de soi mais aussi respectueuse de l’autre.
Parce que rester avec quelqu’un en espérant secrètement qu’il devienne différent n’est pas vraiment aimer cette personne. C’est aimer le potentiel qu’on projette sur elle.
Et rester dans une relation en accumulant les frustrations, les reproches et les attentes jusqu’à finir par détester l’autre n’est pas forcément plus courageux que partir.
Parfois, le véritable courage, c’est de regarder la réalité en face et de dire :
« Je t’aime. Mais je ne veux plus vivre cette relation comme ça. »
Aimer sans posséder
Je crois profondément que l’amour véritable contient une forme de liberté.
Je peux aimer quelqu’un sans avoir besoin de le posséder.
Je peux être reconnaissante pour ce que nous avons vécu sans avoir besoin que l’histoire continue sous la même forme.
Je peux souhaiter du bonheur à quelqu’un qui n’est plus mon partenaire.
Je peux même continuer à l’aimer autrement.
Parce qu’une relation amoureuse qui se termine ne signifie pas nécessairement que tout l’amour doit disparaître avec elle.
Parfois, l’amour change de forme et c’est peut-être justement parce qu’on accepte cette transformation qu’il peut rester quelque chose de beau.
Alors, avant de vouloir changer l'autre…
La prochaine fois que vous vous surprenez à penser :
« J’aimerais tellement qu’il soit plus… »
« Si seulement elle pouvait… »
« Il faudrait qu’il comprenne que… »
Arrêtez-vous un instant et demandez-vous :
Est-ce que j’aime réellement cette personne telle qu’elle est ?
Ou est-ce que j’aime l’idée de ce qu’elle pourrait devenir ?
Puis demandez-vous :
Si elle ne changeait jamais, est-ce que je choisirais quand même cette relation ?
Et ajoutez cette question, essentielle :
Est-ce que j’aime la personne… ou est-ce que j’aime réellement la relation que nous construisons ensemble ?
La réponse peut être inconfortable mais elle est précieuse, parce qu’elle vous ramène à la réalité.
Et la réalité est toujours un meilleur point de départ que nos projections.
Alors oui, parfois, il faut apprendre à mieux communiquer.
À exprimer ses besoins.
À poser ses limites.
À travailler sur soi.
Mais parfois, après tout ce travail, il reste simplement une évidence : nous sommes deux belles personnes, mais nous ne sommes pas faits pour vivre cette relation ensemble.
Et ça aussi, ça peut être une forme de réussite.
Parce qu’au fond, aimer, ce n’est pas retenir. C’est aussi savoir laisser l’autre être qui il est.
Et parfois, savoir partir suffisamment tôt pour que l’amour n’ait pas besoin de devenir de la haine.
Ça aussi, c’est prendre soin de soi et de l’autre.
Et si vous avez du mal à avancer, à lâcher le passé, à comprendre ce qui s'est joué dans votre relation... c’est justement le genre de travail que nous pouvons faire ensemble.
Parce qu’apprendre à mieux se connaître, à clarifier les relations, …ça aussi, ça s’apprend. C'est ce que nous faisons ensemble dans l'accompagnement EMOTION'L.
Marina GALANT
Experte Emotionnelle et Relationnelle





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