Exprimer ses besoins, c’est bien. Trouver une véritable entente, c’est mieux.
- Marina GALANT

- il y a 2 jours
- 8 min de lecture

Aujourd’hui, je vous propose un article un petit peu différent.
Parce que, soyons honnêtes, moi aussi je me cherche encore parfois. Je teste des sujets, des formats, des façons de vous transmettre des réflexions qui soient à la fois intéressantes, pertinentes… et qui vous apportent vraiment quelque chose.
Et puis parfois, l’inspiration ne vient pas d’un livre de psychologie, d’une formation en communication non violente ou d’une grande théorie sur les relations humaines.
Elle vient… d’un apéro sunset entre copines.
Enfin, « sunset », c’est vite dit.
Hier soir, j’avais rendez-vous avec une amie face à l’océan pour boire un verre et regarder le soleil se coucher. Bon. Il n’y a pas eu de sunset. Le ciel avait visiblement décidé de ne pas collaborer (Oui oui ça arrive).
Mais finalement, ce n’était pas bien grave.
Parce qu’on ne va pas se mentir : le véritable objectif de cet apéro, ce n’était ni le cocktail ni la planche de fromage. C’était de refaire le monde pendant trois heures.
Et ça, même sans coucher de soleil, on sait très bien faire.
Nous sommes donc chacune arrivées avec nos petites histoires, nos confidences, nos questionnements… et nous y sommes évidemment allées de nos petits conseils réciproques.
Parfois sollicités. Parfois… beaucoup moins. Mais toujours avec bienveillance. Et surtout avec suffisamment d’humour pour pouvoir se dire : « Bon, là, tu viens clairement de me faire une séance de coaching gratuite alors que je t’avais juste proposé un verre. »
Quand le problème n’est pas vraiment le besoin
À un moment, mon amie me parle de son couple.
Elle est amoureuse, elle se sent bien avec son compagnon, leur relation compte beaucoup pour elle. Mais comme dans beaucoup de couples, ils rencontrent aussi certaines difficultés.
Notamment autour du respect de leurs besoins respectifs.
Ils se parlent. Ils expriment leurs besoins. Ils essaient de se comprendre.
Et pourtant… ils se prennent parfois la tête.
Certains besoins ne sont pas satisfaits. Des frustrations apparaissent. Des incompréhensions s’installent.
Alors nous creusons un peu.
Et c’est là que quelque chose m’interpelle.
Je ne suis pas certaine que leur difficulté soit réellement de l’ordre de l’expression des besoins.
Ils savent plutôt bien dire ce dont ils ont besoin. La difficulté semble davantage se situer juste après. Au moment où il faut trouver une véritable entente. Et cette nuance est loin d’être anodine.
Exprimer un besoin ne signifie pas que l’autre doit y répondre « oui »
En Communication Non Violente, on apprend notamment à distinguer les faits, les émotions, les besoins et les demandes.
Par exemple :
« Quand tu rentres très tard sans me prévenir, je me sens inquiète et frustrée parce que j’ai besoin de sécurité et de considération. Est-ce que tu serais d’accord pour m’envoyer un message lorsque tu sais que tu vas rentrer plus tard ? »
C’est très différent de :
« Tu ne penses jamais à moi. Tu pourrais quand même faire attention ! »
Dans le premier cas, je parle de ce que je vis. Je prends la responsabilité de mon émotion. J’exprime mon besoin. Puis je formule une demande.
Mais attention à une chose essentielle : une demande n’est pas une exigence.
Si ma demande est réellement une demande, l’autre doit pouvoir répondre non.
Et c’est justement là que les choses deviennent intéressantes.
Parce que si mon « Est-ce que tu serais d’accord ? » signifie en réalité :
« Tu as intérêt à dire oui sinon je vais être blessée, contrariée, en colère ou te faire culpabiliser »…
Alors ce n’est plus vraiment une demande.
C’est une exigence déguisée.
Le fameux « oui » qui veut dire « non »
Et c’est là que nous arrivons à quelque chose que je trouve particulièrement important dans les relations.
Il existe des « oui » qui ne sont pas vraiment des oui.
Des oui prononcés pour faire plaisir.
Des oui prononcés pour éviter une dispute.
Des oui prononcés parce qu’on ne supporte pas l’idée de décevoir l’autre.
Des oui prononcés parce qu’on se sent coupable.
Des oui prononcés parce qu’on se dit : « Bon, allez… ce n’est pas si grave. »
Sauf que le problème, c’est que le non n’a pas disparu.
Il est simplement allé se cacher quelque part. Et généralement, il ressort plus tard. Sous forme d’agacement, de reproche, de distance, de ressentiment ou parfois d’une magnifique explosion pour une histoire qui, en apparence, n’a absolument rien à voir.
« Mais je t’avais dit oui ! »
Oui.
Mais ton corps, ton attitude et ton comportement criaient « non » depuis trois semaines.
Une véritable entente, ce n’est pas forcément que chacun obtient exactement ce qu’il veut
Trouver une entente ne signifie pas que les deux personnes obtiennent 100 % de ce qu’elles avaient imaginé.
Une entente, c’est chercher une solution qui puisse réellement convenir aux deux personnes.
Et surtout : une solution à laquelle les deux peuvent dire oui sincèrement.
Prenons un exemple très concret :
Imaginons que j’ai besoin de sortir avec mes amis ce soir et de rentrer tard.
Mon partenaire, lui, aimerait passer du temps avec moi et aurait envie que nous sortions ensemble.
Nous pourrions nous retrouver dans une discussion qui ressemble à ça :
« J’ai vraiment envie de voir mes amis ce soir et de profiter de ma soirée avec eux. J’ai aussi envie de passer un moment avec toi. Est-ce que tu serais d’accord pour venir avec moi au début de la soirée, puis que je reste avec eux plus tard pendant que tu rentres quand tu en as envie ? »
Et lui pourrait répondre :
« Oui, ça me convient. J’ai besoin de passer un peu de temps avec toi, mais je n’ai pas forcément besoin que nous rentrions ensemble. »
Voilà.
Nous avons trouvé une entente.
Personne n’a gagné.
Personne n’a perdu.
Personne n’a sacrifié son besoin pour faire plaisir à l’autre.
Et surtout, personne n’est en train de dire « oui » avec une petite voix intérieure qui hurle « NON MAIS ABSOLUMENT PAS ! ».
Et si l’autre n’est pas d’accord ?
C’est là que la communication devient réellement intéressante.
Parce que parfois, les besoins des deux personnes sont incompatibles.
Et c’est normal.
Mon besoin peut être légitime.
Le tien aussi.
Cela ne signifie pas que l’un de nous a raison et que l’autre a tort.
Cela signifie simplement qu’il va falloir chercher.
« Qu’est-ce qui serait possible pour toi ? »
« Et pour moi ? »
« Qu’est-ce qui est vraiment important derrière ce besoin ? »
« Sur quoi pouvons-nous être souples ? »
« Qu’est-ce qui est non négociable pour chacun de nous ? »
Et parfois, il faudra accepter qu’aucune solution ne convienne parfaitement.
Mais même dans ce cas, il vaut mieux une vraie discussion avec deux « non » assumés qu’un faux « oui » qui fabriquera du ressentiment en silence.
Attention au poids de la culpabilité
Il y a aussi quelque chose que je trouve important de rappeler : nous ne sommes pas responsables de satisfaire tous les besoins de l'autre.
Nous sommes responsables de les entendre.
De les prendre en considération.
D’essayer de trouver ensemble une solution.
Mais l’autre reste responsable de ses propres émotions et de ses propres choix.
Et ça, ce n’est pas toujours facile.
Parce que parfois, nous avons tellement peur de décevoir que nous disons oui.
Et parfois, sans même le vouloir, nous faisons peser notre déception sur l’autre.
« Si tu m’aimais vraiment, tu accepterais. »
« Ça me fait de la peine que tu ne veuilles pas. »
« Je pensais que tu aurais envie de faire ça pour moi. »
Ces phrases peuvent sembler anodines.
Pourtant, elles peuvent rapidement transformer un besoin en culpabilité.
Et lorsque quelqu’un accepte parce qu’il se sent coupable, il ne donne pas vraiment son accord.
Il se soumet à la situation.
Et la soumission finit rarement par produire une relation apaisée.
Alors, comment savoir si nous avons trouvé une vraie entente ?
Je trouve qu’une petite question peut être extrêmement utile :
« Est-ce que c’est vraiment un oui pour toi ? »
Pas un « oui parce que tu as peur que je sois déçue ».
Pas un « oui parce que tu veux éviter une dispute ».
Pas un « oui parce que tu culpabilises ».
Un vrai oui.
Et cette question fonctionne dans les deux sens.
« Est-ce que c’est vraiment un oui pour moi ? »
Parce que nous aussi, nous devons apprendre à nous écouter.
À reconnaître quand nous acceptons quelque chose qui ne nous convient pas.
À ne pas dire oui automatiquement pour être aimable, gentil, compréhensif ou pour éviter le conflit.
Dire non n’est pas un manque d'amour.
Et entendre non n'est pas forcément un rejet.
De l'attente à l'entente
Finalement, peut-être que beaucoup de tensions relationnelles naissent aussi de cette confusion entre attente et entente.
J’attends que tu comprennes.
J’attends que tu devines.
J’attends que tu fasses un effort.
J’attends que tu dises oui.
J’attends que tu changes.
Alors qu’une relation vivante demande plutôt de construire.
De parler.
De négocier.
De chercher.
De renoncer parfois.
De proposer autrement.
Et surtout, de vérifier que l'accord que nous avons trouvé est réellement acceptable pour chacun.
Parce qu'une relation saine n'est pas une relation dans laquelle personne ne contrarie jamais l'autre.
C'est une relation dans laquelle chacun peut exister pleinement sans avoir à s'effacer pour que l'autre soit heureux.
Alors la prochaine fois que vous êtes en désaccord avec votre partenaire, votre ami, votre famille ou même votre collègue, essayez peut-être de vous poser cette question :
« Sommes-nous réellement en train de chercher une entente… ou sommes-nous simplement en train d'essayer d'obtenir un oui ? »
La différence peut sembler subtile. Elle change pourtant beaucoup de choses.
Et peut-être que, finalement, le véritable objectif de la communication n'est pas d'obtenir que l'autre dise oui.
C'est de parvenir à un « oui, ça me convient vraiment ». Des vrais oui.
Et pas des oui qui cachent des non.
Parce que tout cela, finalement, ça s’apprend.
Apprendre à identifier ce qui se joue en soi. Apprendre à reconnaître ses besoins et à les exprimer clairement. Apprendre à faire une demande sans juger, sans accuser, sans exiger. Apprendre à reprendre sa part de responsabilité dans la relation, sans porter pour autant la responsabilité des émotions de l’autre.
Et surtout, apprendre à écouter l’autre sans immédiatement chercher à avoir raison, à se justifier ou à obtenir gain de cause.
La Communication Non Violente peut être un formidable outil pour cela.
Elle ne garantit pas que nous serons toujours d’accord (et heureusement, sinon nos relations seraient probablement d’un ennui mortel !) mais elle peut nous aider à construire des relations plus authentiques, plus respectueuses et plus apaisées.
Alors si cet article vous parle, si vous avez l’impression de tourner en rond dans certaines relations, si vous avez du mal à exprimer vos besoins, à poser vos limites, à dire non sans culpabiliser ou à entendre le non de l’autre sans le vivre comme un rejet, sachez que ça se travaille.
Vous pouvez apprendre à communiquer autrement.
Et c’est justement une partie du travail que je propose en sophrothérapie : vous accompagner à mieux vous comprendre, à mettre des mots sur ce que vous ressentez et à trouver des façons plus justes de vous exprimer et d’entrer en relation avec les autres.
Alors, si vous avez envie d’explorer tout ça ensemble, contactez-moi.
Et pour celles et ceux qui habitent dans le BAB, pourquoi pas faire cette séance face à l’océan, avec un joli sunset en prime ? Enfin… si la météo décide de coopérer cette fois-ci !
Pour les autres, la séance se fera tout simplement en visio.
L’essentiel, finalement, ce n’est pas l’endroit.
Marina GALANT
PS : suite de la conversation avec mon amie la semaine prochaine ;)




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