Et si vous ne faisiez pas les choses par amour… mais par peur ?
Suite de l’épisode « apéro face au sunset qui n’était pas vraiment un sunset ».
La semaine dernière, je vous racontais une conversation que j’avais eue avec une amie autour d’un apéro face à l’océan. Enfin… face à l’océan, oui. Face au sunset… beaucoup moins.
Le ciel avait décidé de nous rappeler qu’à Anglet aussi, parfois, la météo fait ce qu’elle veut.
Après avoir parlé de besoins, d’attentes, de demandes et de ces fameux « oui » qui cachent parfois des « non », nous avons poursuivi notre discussion sur un autre sujet qui me semble essentiel dans nos relations :
Est-ce que nous faisons vraiment les choses par amour… ou parfois par peur ?
Et cette question, je vous invite à vous la poser bien plus souvent qu’on ne le fait habituellement.
« Moi, j’ai envie qu’on vive ensemble »
Mon amie est en couple depuis environ un an. Elle est amoureuse et elle a envie que leur relation évolue. Pour elle, vivre ensemble est assez évident.
Elle a envie de faire couple. De partager un quotidien. De vivre sous le même toit et elle aimerait aussi que son fils puisse avoir une figure paternelle présente au quotidien, dans ce qu’elle appelle un schéma familial plus « classique ».
Jusque-là, rien d’anormal. Elle exprime un besoin. Elle se projette. Elle imagine une évolution de son couple.
Le petit détail, c’est que son compagnon, lui, n’a pas exprimé ce besoin. Pas pour le moment, en tout cas. Et c’est là que notre conversation a commencé à devenir intéressante.
Nous ne partons jamais du même endroit

J’aime beaucoup imaginer les êtres humains comme des microcosmes.
Chacun de nous est une petite planète avec son propre système solaire.
Autour de nous gravitent notre éducation, notre famille, notre histoire, nos croyances, nos blessures, nos expériences, nos rencontres, nos besoins, nos ressources, nos peurs…
Bref, tout ce qui a contribué à faire de nous la personne que nous sommes aujourd’hui.
Et forcément, deux personnes qui se rencontrent ne viennent pas du même endroit.
Même lorsqu’elles s’aiment énormément.
Mon amie a grandi avec un père absent et une maman solo. Elle-même a été maman solo et a élevé son fils seule. Elle sait ce que c’est que de grandir sans cette figure paternelle. Elle en a souffert. Et elle me disait elle-même à quel point cette absence avait été douloureuse pour elle.
Alors il est assez logique qu’aujourd’hui, elle ait envie d’offrir autre chose à son fils.
Qu’elle souhaite qu’il connaisse la présence d’un homme dans son quotidien.
Qu’elle ait envie de construire ce qu’elle n’a pas eu. Et c’est parfaitement compréhensible.
Mais son compagnon, lui, n’a pas vécu la même histoire. Il n’a pas d’enfant. Il vit seul depuis un certain temps. Il n’a pas connu la parentalité. Il n’a pas ce même vécu de l’absence d’un père.
Il n’a donc aucune raison d’avoir exactement le même besoin, au même moment, avec la même intensité. Et ça, c’est important.
Deux personnes peuvent s’aimer profondément et ne pas avoir les mêmes besoins au même moment.
Son absence de besoin n’est pas une absence d’amour. C’est parfois difficile à entendre.
Parce que nous avons tendance à faire des raccourcis.
« S’il m’aime, il devrait avoir envie de vivre avec moi. »
« S’il m’aimait vraiment, il se projetterait comme moi. »
« S’il voulait vraiment construire quelque chose avec moi, il aurait les mêmes envies. »
Mais non. Pas nécessairement. Son besoin à lui, aujourd’hui, n’est peut-être simplement pas le même et cela ne signifie pas qu’il ne l’aime pas. Cela ne signifie pas qu’il ne veut pas s’engager.
Cela ne signifie pas qu’il ne veut pas construire. Cela signifie simplement qu’il est sur une autre temporalité.
Apprendre à respecter la temporalité de l’autre sans immédiatement y voir un rejet, un manque d’amour ou une menace pour la relation est un vrai travail relationnel.
Mais il y avait une autre question…
Parce qu’en discutant avec mon amie, quelque chose m’a interpellée.
Elle est indépendante. Très indépendante.
C’est une femme qui s’est construite seule. Une femme qui revendique sa liberté.
Une maman qui a élevé son enfant seule. Une entrepreneuse.
Une femme qui n’a pas attendu qu’on vienne lui construire sa vie.
Et je me suis alors demandé : Pourquoi as-tu tellement envie d’entrer dans ce schéma de couple « classique » ? Pourquoi vivre ensemble ? Pourquoi absolument officialiser cette forme de famille ? Pourquoi considérer que le fait de vivre sous le même toit serait nécessairement l’étape suivante ?
Et surtout…
Est-ce vraiment ce que TOI, tu veux ? Ou est-ce que c’est ce que tu penses devoir vouloir ?
« Pourquoi tu veux vivre avec lui ? »
La question peut sembler simple. Elle est pourtant redoutablement puissante.
Parce qu’il y a une différence énorme entre :
« J’ai envie de vivre avec lui. » et « J’ai besoin que nous vivions ensemble pour me rassurer sur notre couple. » Ce n’est pas du tout la même chose.
Alors je lui ai posé la question : Pourquoi as-tu envie de vivre avec lui ?
Et en creusant, nous avons découvert quelque chose.
Ce qui semblait être au départ une envie de couple était aussi fortement lié à une peur.
La peur que son fils grandisse sans figure paternelle.
La peur de reproduire une histoire qu’elle avait elle-même vécue.
La peur que son enfant n’ait pas « le bon chemin ».
La peur, peut-être aussi, qu’un couple qui ne vit pas ensemble ne soit pas un « vrai » couple.
Et là, forcément, ma question est devenue :
Si tu enlèves la peur… est-ce que tu as toujours envie de vivre avec lui ? Amour ou peur ?
Et c’est une question que nous pouvons toutes nous poser, pas uniquement concernant le couple, concernant nos choix de vie, nos décisions, notre travail, nos relations, notre façon d’élever nos enfants…
Pourquoi est-ce que je fais ça ?
Est-ce que je le fais par amour ?
Par amour pour moi ?
Parce que cela respecte qui je suis ?
Parce que cela répond réellement à mes besoins ?
Parce que cela me fait du bien ?
Parce que lorsque j’y pense, quelque chose en moi dit : « Oui. C’est vraiment ce que je veux. »
Ou est-ce que je le fais par peur ?
Peur d’être seule.
Peur de décevoir.
Peur de perdre l’autre.
Peur de ne pas être « comme tout le monde ».
Peur que mon couple ne soit pas suffisamment sérieux.
Peur que mon enfant souffre.
Peur de regretter.
Peur de ne pas prendre la bonne décision.
Peur que les autres pensent que…
Parfois, nous prenons des décisions très importantes pour calmer une peur plutôt que pour nourrir un véritable désir.
Le problème, ce n’est pas d’avoir peur
Attention : avoir peur n’est pas un problème.
La peur fait partie de nous. Elle cherche souvent à nous protéger.
Le problème, c’est lorsque la peur prend le volant.
Parce qu’une décision prise pour calmer une peur peut nous éloigner de nous-mêmes.
Et parfois, nous obtenons exactement ce que nous pensions vouloir…
Mais une fois que nous l’avons, quelque chose sonne faux.
Nous avons le couple. La maison. Le quotidien partagé. Le schéma familial. La « normalité ».
Et pourtant, à l’intérieur, une petite voix murmure : « Mais… est-ce vraiment ce que je voulais ? »
Et si votre « oui » avait besoin d’être vérifié ?
Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous proposer un petit exercice.
La prochaine fois que vous vous apprêtez à prendre une décision importante, arrêtez-vous quelques instants et demandez-vous :
Pourquoi est-ce que je fais ça ?
Puis :
Est-ce que je le fais par amour ou par peur ?
Est-ce que cette décision me respecte ?
Est-ce qu’elle répond vraiment à mes besoins ?
Si je n’avais peur de rien, est-ce que je ferais le même choix ?
Et surtout :
Est-ce que c’est un vrai oui ?
Pas un oui qui rassure.
Pas un oui qui évite un problème.
Pas un oui qui correspond à ce que la société attend de moi.
Pas un oui qui permet de cocher une nouvelle case dans le grand parcours de la « vie réussie ».
Un vrai oui.
Celui qui se ressent profondément.
Celui qui ne nécessite pas de se convaincre pendant trois heures.
Celui qui dit simplement : « Oui. C’est juste pour moi. »
Et si votre vie n’avait pas besoin de ressembler à celle des autres ?
C’est peut-être aussi ça, finalement, grandir.
Comprendre que nous n’avons pas besoin de reproduire les modèles que nous avons connus.
Ni ceux dont nous avons souffert.
Ni ceux que la société nous présente comme étant la norme.
Nous pouvons créer notre propre manière de faire couple.
Notre propre manière d’aimer.
Notre propre manière de construire une famille.
Notre propre manière de vivre.
Et parfois, aimer quelqu’un profondément, c’est aussi accepter qu’il ne vive pas les choses au même rythme que nous.
Et parfois, s’aimer soi-même, c’est accepter de ne pas faire quelque chose simplement parce que cela nous rassurerait.
Alors avant de prendre une décision importante, posez-vous cette petite question :
« Si je retirais la peur de l’équation, qu’est-ce que je choisirais ? »
La réponse pourrait bien vous surprendre.
Et si vous avez du mal à entendre cette réponse, à identifier vos véritables besoins ou à distinguer ce qui vient de vous de ce qui vient de vos peurs, de votre histoire ou des injonctions que vous avez intégrées… c’est justement le genre de travail que nous pouvons faire ensemble.
Parce qu’apprendre à mieux se connaître, à clarifier ses besoins et à faire des choix qui nous ressemblent vraiment…ça aussi, ça s’apprend. C'est ce que nous faisons ensemble dans l'accompagnement EMOTION'L.
Et promis, cette fois, la séance peut toujours se faire face à l’océan.
Pour le sunset, en revanche… Je ne garantis rien.
Marina GALANT
Experte Emotionnelle et Relationnelle





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