Sécurité ou liberté : et si nous ne pouvions pas avoir les deux de la même manière ?
- Marina GALANT

- il y a 18 heures
- 6 min de lecture
Troisième épisode de notre fameux sunset… qui n’était toujours pas vraiment un sunset.
Décidément, cet apéro face à l’océan m’aura donné beaucoup plus de matière que prévu.
Après vous avoir parlé de besoins, d’ententes, puis d’amour et de peur, voici donc le troisième épisode de cette conversation avec mon amie.
Nous avons confronté nos points de vue, nos expériences, nos croyances.
Et puis, à un moment, la conversation a glissé vers moi.
Vers mes choix. Vers mon travail.
Et surtout vers une question qui me travaille de plus en plus : Qu’est-ce que la sécurité ?
Et à quel prix sommes-nous parfois prêts à l’acheter ?
Quand on cherche à se sécuriser

Certaines personnes qui me suivent depuis longtemps le savent : en parallèle de mon activité de sophrothérapeute, j’ai repris une activité salariée.
Ce n’est pas un renoncement à mon activité indépendante.
C’est un choix que j’ai fait à un moment donné de mon parcours.
Parce que l’irrégularité du chiffre d’affaires, les mois plus creux, l’incertitude financière commençaient à générer chez moi beaucoup d’insécurité.
J’avais besoin de retrouver un revenu fixe chaque mois.
D’avoir davantage de visibilité.
De pouvoir me dire : « Quoi qu’il arrive, j’ai cette base-là. »
Alors j’ai choisi de reprendre un emploi salarié, tout en continuant à développer mon activité d’auto-entrepreneure à côté.
Et je ne vais pas vous mentir : ça se passe bien.
J’aime beaucoup ce que je fais.
Je travaille dans un foyer de vie auprès de personnes en situation de handicap et j’aime énormément la dimension humaine de ce travail. Le relationnel. Les échanges du quotidien.
Les personnes que je rencontre. Ce que cette expérience m’apprend.
Mais… la sécurité a un prix
Et c’est là que notre conversation avec mon amie est devenue intéressante.
Parce que cette sécurité que je cherchais, je l’ai trouvée.
Mais avec elle est arrivée quelque chose d’autre : une perte de liberté.
Moins de temps disponible. Des horaires. Des congés définis.
Des week-ends qui ne sont plus forcément disponibles.
Cinq semaines de congés payés par an.
Et cette sensation assez étrange de vendre mon temps pour un revenu déterminé, alors que dans mon activité indépendante, même si l’entrepreneuriat comporte évidemment ses propres contraintes et ses charges, j’ai davantage de liberté dans la manière dont j’organise mon temps et dans la valeur que je donne à mon travail.
Et je me rends compte que cette liberté est extrêmement importante pour moi.
Peut-être même beaucoup plus que je ne le pensais.
Quand la sécurité devient une cage dorée
Je précise quelque chose ici : je ne suis absolument pas en train de vous dire que je vais quitter mon emploi demain matin. Ce n’est pas le sujet.
Aujourd’hui, ce travail répond à un besoin réel. Il m’apporte une stabilité dont j’avais besoin.
Et je suis reconnaissante de l’avoir. Mais je commence à observer quelque chose.
Plus je retrouve de sécurité extérieure, plus je mesure la valeur de ma liberté.
Et cette question commence doucement à faire son chemin :
Est-ce que je veux vraiment échanger autant de liberté contre davantage de sécurité ?
Parce que la sécurité, finalement, qu’est-ce que c’est ?
Un CDI ?
Un salaire qui tombe tous les mois ?
Un logement ?
De l’épargne ?
Une mutuelle ?
Une assurance ?
Une situation stable ?
Oui.
Tout cela apporte évidemment de la sécurité.
Mais est-ce que cela garantit réellement que nous sommes en sécurité ?
La sécurité absolue n'existe pas
Je ne dis pas cela pour tomber dans le catastrophisme.
Bien au contraire.
Mais il suffit parfois de regarder la vie telle qu'elle est pour constater une chose assez simple :
Nous ne contrôlons pas grand-chose.
Demain, un problème de santé peut survenir : un accident, un licenciement, une séparation, un incendie, une catastrophe naturelle, une entreprise peut fermer, un projet peut échouer, un événement totalement imprévisible peut venir bouleverser ce que nous pensions solidement installé.
Même les situations qui nous semblent les plus stables peuvent changer.
Alors oui, nous pouvons prendre des précautions.
Nous pouvons anticiper. Nous pouvons épargner. Nous pouvons nous assurer.
Nous pouvons construire des bases solides.
Et je pense que c'est même important.
Mais peut-être devons-nous aussi accepter que la sécurité absolue est une illusion.
Et si nous cherchions la sécurité au mauvais endroit ?
C'est là que notre conversation a pris une tournure presque philosophique.
Parce que si la sécurité extérieure est forcément relative… où se trouve alors notre véritable sécurité ?
Et si elle n'était pas uniquement dans ce que nous possédons ?
Pas dans notre compte bancaire.
Pas dans notre CDI.
Pas dans notre maison.
Pas dans notre couple.
Pas dans le fait d'avoir tout prévu.
Et si une partie de cette sécurité devait plutôt se construire à l'intérieur de nous ?
La confiance en notre capacité à traverser les événements.
La confiance en nos ressources.
La capacité à nous adapter. À rebondir. À demander de l'aide. À recommencer. À accepter que certaines choses nous échappent.
À nous dire : « Je ne sais pas ce qui va arriver. Mais je sais que je serai là pour moi. »
Et peut-être que cette phrase là est beaucoup plus sécurisante qu'on ne le croit.
Et si la vraie sécurité, c'était de savoir que l'on peut se retrouver ?
Je trouve cette idée profondément intéressante.
Parce qu'on passe énormément de temps à chercher des garanties à l'extérieur.
« Si j'ai ce travail, je serai tranquille. »
« Si j'ai assez d'argent, je serai tranquille. »
« Si je suis en couple, je serai tranquille. »
« Si j'ai ma maison, je serai tranquille. »
« Si j'ai tout anticipé, je serai tranquille. »
Mais la vie ne nous signe jamais ce contrat. Elle ne nous garantit rien.
Alors peut-être que le véritable sentiment de sécurité vient aussi de notre capacité à nous faire confiance.
À savoir que même si quelque chose s'effondre, nous ne nous effondrerons pas forcément avec.
Que nous pourrons avoir peur sans être paralysés.
Que nous pourrons être déstabilisés sans être détruits.
Que nous pourrons perdre quelque chose sans nous perdre nous-mêmes.
Et ça, pour moi, c'est une forme de sécurité beaucoup plus profonde.
Alors… sécurité ou liberté ?
Et c'est là que je me trouve aujourd'hui dans mon propre cheminement.
Je n'ai pas la réponse définitive.
Je ne vais pas vous faire le coup de la thérapeute qui a trouvé la formule magique et qui va vous expliquer comment vivre parfaitement en équilibre entre sécurité et liberté.
Je cherche encore.
Mais je commence à comprendre quelque chose.
Ma liberté a une valeur immense.
Et peut-être que je ne veux pas la sacrifier trop longtemps pour obtenir une sécurité qui, de toute façon, ne pourra jamais être totale.
Je crois que ce que je cherche aujourd'hui, ce n'est pas forcément à choisir entre les deux.
C'est plutôt à trouver le juste niveau de sécurité qui me permet de rester libre.
Parce que la sécurité qui nous empêche de vivre n'est peut-être plus vraiment de la sécurité.
Et la liberté totale, sans aucune base ni stabilité, peut elle aussi devenir anxiogène.
Alors peut-être que l'équilibre se trouve quelque part entre les deux.
Construire des bases suffisamment solides pour respirer…
Sans construire une forteresse dans laquelle nous finissons enfermés.
Et vous, qu'est-ce que vous échangez contre votre sécurité ?
Je vous invite à vous poser la question.
Pas uniquement concernant l'argent ou le travail.
Mais dans tous les domaines de votre vie.
Qu'est-ce que je fais aujourd'hui pour me sentir en sécurité ?
Et qu'est-ce que cette sécurité me coûte ?
Du temps ?
De la liberté ?
De la spontanéité ?
Des rencontres ?
Des projets ?
De l'audace ?
De la joie ?
Et surtout : Est-ce que le prix que je paie est encore juste pour moi ?
Parce qu'une sécurité qui nous permet de mieux vivre est précieuse.
Mais une sécurité qui nous éloigne progressivement de nous-mêmes mérite peut-être d'être questionnée.
Et peut-être qu'au fond, devenir adulte, ce n'est pas parvenir à supprimer toute insécurité.
C'est apprendre à vivre avec une part d'incertitude…
Tout en développant suffisamment de confiance en soi pour savoir :
« Quoi qu'il arrive, je serai là. »
Et ça, finalement, c'est peut-être la liberté la plus profonde qui soit.
Et si vous avez du mal à y voir clair sur ce sujet, c'est justement le genre de travail que nous pouvons faire ensemble.
Parce qu’apprendre à mieux se connaître, à clarifier ses besoins et à faire des choix qui nous ressemblent vraiment…ça aussi, ça s’apprend. C'est ce que nous faisons ensemble dans l'accompagnement EMOTION'L.
Marina GALANT
Experte Emotionnelle et Relationnelle




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