Journée mondiale de la santé mentale : et si on prenait soin de sa tête et de son cœur autant que de son corps ?

Il y a des choses dont on connaît la valeur sans vraiment y penser. La santé en fait partie.
Tant que notre corps nous porte, que nous pouvons nous lever le matin, marcher, travailler, rire, aimer et faire des projets, nous avons parfois tendance à considérer tout cela comme acquis. Jusqu’au jour où quelque chose se dérègle et nous rappelle que la santé est probablement l’un de nos biens les plus précieux.
Et si nous prenions l’habitude de nous en occuper avant d’être obligés de le faire ?
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, j’ai envie de vous parler de cette dimension essentielle de notre bien-être que nous avons encore trop souvent tendance à reléguer au second plan : notre santé émotionnelle et mentale.
Non pas parce que nous allons nécessairement mal, mais justement parce que nous pouvons agir pour préserver notre équilibre, apprendre à mieux nous connaître et développer des ressources qui nous aideront à traverser les inévitables turbulences de la vie.
La santé, ce n’est pas seulement une histoire de muscles et d’articulations
Nous savons généralement assez bien comment prendre soin de notre santé physique.
Nous faisons du sport pour entretenir notre corps, nous consultons un médecin lorsque quelque chose nous inquiète, nous allons chez le kinésithérapeute quand notre dos décide de nous rappeler son existence, et nous nous offrons parfois un massage pour relâcher les tensions accumulées. Nous avons compris que notre corps a besoin d’attention, d’entretien et de récupération.
Mais qu’en est-il de notre monde intérieur ? De nos émotions, de nos pensées, de nos peurs, de nos frustrations, de nos doutes, de notre confiance en nous ou de notre manière d’entrer en relation avec les autres ? Prenons-nous autant soin de cet espace invisible qui influence pourtant considérablement notre quotidien ?
Nous pouvons avoir un corps en pleine forme et nous sentir épuisés émotionnellement.
Nous pouvons continuer à travailler, à sourire, à répondre aux messages, à nous occuper de tout le monde et à donner l’impression que tout va bien, alors qu’intérieurement, nous avons le sentiment de tirer sur la corde depuis des semaines, voire des mois.
Parce que, contrairement à une jambe immobilisée ou à un bras dans le plâtre, une souffrance émotionnelle ne se voit pas toujours.
Nous avons appris, parfois depuis l’enfance, qu’il fallait être fort, prendre sur soi, ne pas déranger et continuer d’avancer.
Sauf que notre santé mentale ne bénéficie pas d’un traitement de faveur simplement parce que nous savons bien cacher ce qui se passe en nous. Faire bonne figure ne signifie pas nécessairement aller bien. Tenir bon n’est pas la même chose que prendre soin de soi.
La santé mentale : un sujet qui nous concerne tous
Parler de santé mentale ne signifie pas parler uniquement de troubles psychiques ou de situations de grande détresse. La santé mentale fait partie intégrante de notre santé globale et concerne chacun d’entre nous, à différents moments de sa vie, avec des besoins et des ressources qui évoluent selon les circonstances.
Une séparation, un deuil, des difficultés professionnelles, une période de transition, des conflits familiaux, une accumulation de responsabilités ou simplement le sentiment de ne plus savoir où l’on en est peuvent fragiliser notre équilibre.
Parfois, il n’y a même pas d'événement spectaculaire à raconter. Il y a seulement cette fatigue qui s’installe, cette irritabilité inhabituelle, cette impression de subir davantage les choses, de douter de soi ou de ne plus parvenir à retrouver le calme.
Et puis, il y a toutes ces personnes qui ne traversent pas de crise particulière, mais qui aimeraient mieux se connaître, comprendre leurs réactions, apprendre à poser leurs limites, développer leur confiance en elles ou vivre des relations plus sereines.
Dans les deux cas, prendre soin de sa santé émotionnelle a du sens. Nous n’avons pas besoin d’attendre d’être au bord de l’épuisement pour nous autoriser à nous écouter.
Nous n’avons pas besoin non plus de justifier notre besoin d’aide par une souffrance suffisamment importante pour être considérée comme légitime.
On peut aller globalement bien et avoir envie d’aller mieux. On peut aimer sa vie et ressentir le besoin de faire évoluer certaines choses. Et l’on peut demander de l’aide sans avoir besoin de prouver que l’on va mal.
Nos émotions ne sont pas le problème. Encore faut-il apprendre à les écouter.
La joie, la tristesse, la peur, la colère ou la frustration font partie de notre expérience humaine. Aucune émotion n’est, en elle-même, une anomalie à éliminer. Même celles que nous qualifions de "négatives" ont quelque chose à nous apprendre sur nos besoins, nos limites, nos attentes ou notre manière de percevoir une situation.
La difficulté apparaît souvent lorsque nous ne savons pas quoi faire de ce que nous ressentons. Nous pouvons ravaler notre colère pour éviter un conflit, culpabiliser de ressentir de la tristesse, nous juger parce que nous avons peur ou nous reprocher de ne pas réussir à relativiser.
Nous pouvons également laisser nos émotions prendre toute la place, réagir impulsivement et regretter ensuite des paroles ou des comportements qui ne correspondent pas vraiment à ce que nous souhaitions exprimer.
L’enjeu n’est donc pas de devenir parfaitement calme en toutes circonstances, de ne plus jamais être contrarié ou de réussir à méditer sereinement pendant que le monde s'écroule autour de nous. Ce serait ambitieux, et probablement assez ennuyeux.
Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître ce qui se passe en nous, à mettre des mots sur nos ressentis, à comprendre ce qui les déclenche et à choisir, autant que possible, la manière dont nous souhaitons y répondre. C’est ce que l’on appelle notamment développer son intelligence émotionnelle.
Cette capacité se travaille. Nous pouvons apprendre à mieux accueillir nos émotions, à prendre du recul, à exprimer nos besoins et à communiquer plus clairement. Nous pouvons aussi découvrir les mécanismes qui se répètent dans nos relations et comprendre pourquoi certaines situations nous touchent particulièrement.
Ce travail ne fait pas disparaître les difficultés de la vie. En revanche, il peut nous aider à les traverser avec davantage de conscience, de souplesse et de discernement.
La prévention émotionnelle : mieux vaut entretenir le terrain que réparer les dégâts
Nous n'attendons généralement pas de ne plus pouvoir marcher pour nous intéresser à notre condition physique. Nous savons qu'une activité régulière, du repos et une attention portée à nos habitudes peuvent contribuer à préserver notre santé. Pourquoi serait-ce différent pour notre équilibre émotionnel ?
Prendre soin de sa santé mentale peut commencer par des gestes très simples : respecter ses besoins de repos, identifier ce qui nous épuise, préserver des moments de plaisir, entretenir des relations qui nous font du bien, apprendre à dire non sans nous justifier pendant trois heures et accepter que nous ne pouvons pas être disponibles pour tout le monde, tout le temps.
Cela peut aussi consister à nous interroger sur notre fonctionnement. Pourquoi avons-nous tant de mal à décevoir les autres ? Pourquoi avons-nous besoin de leur approbation pour nous sentir légitimes ? Pourquoi prenons-nous certaines remarques comme des attaques personnelles ? Pourquoi attendons-nous parfois des autres qu'ils devinent nos besoins, avant de leur reprocher de ne pas y répondre ?
Ces questions ne sont pas destinées à nous culpabiliser. Elles nous invitent au contraire à retrouver une marge de manœuvre sur ce que nous pouvons faire évoluer.
La prévention émotionnelle, c'est aussi reconnaître les signaux qui méritent notre attention : une fatigue persistante, une perte d'intérêt pour les choses que nous aimions, une anxiété envahissante, des difficultés de sommeil, un sentiment d'isolement ou l'impression de ne plus parvenir à faire face.
Ces manifestations peuvent avoir des causes diverses et ne doivent pas être interprétées trop rapidement. Mais lorsqu'elles durent, s'intensifient ou perturbent notre quotidien, elles méritent d'être prises au sérieux.
Prendre soin de soi, ce n'est pas attendre que tout s'effondre pour enfin s'accorder de l'importance. C'est apprendre à se considérer comme quelqu'un qui mérite de l'attention, y compris de la sienne.
Se faire accompagner : un signe de lucidité, pas de faiblesse
Nous avons parfois une drôle de conception de l'autonomie. Nous voulons être capables de tout gérer seuls, trouver les solutions par nous-mêmes, ne pas déranger et ne surtout pas donner l'impression que nous ne maîtrisons plus la situation. Comme si demander de l'aide était un aveu d'échec plutôt qu'une façon intelligente de mobiliser des ressources.
Pourtant, nous ne sommes pas obligés de tout comprendre seuls. Un regard extérieur peut nous aider à prendre du recul, à démêler une situation devenue confuse, à identifier nos besoins ou à envisager des possibilités que nous ne parvenions plus à voir.
Selon les difficultés rencontrées, cet accompagnement peut prendre différentes formes.
Un psychologue ou un psychiatre peut notamment intervenir dans l'évaluation et la prise en charge de difficultés psychiques, tandis qu'un médecin peut être un premier interlocuteur pour faire le point sur son état de santé. D'autres professionnels de l'accompagnement peuvent également aider à travailler sur des objectifs personnels, la connaissance de soi, les émotions ou les relations, dans les limites de leurs compétences.
Dans mon activité de sophrothérapeute experte relationnelle, j'accompagne les personnes qui souhaitent mieux comprendre leur fonctionnement émotionnel et relationnel, renforcer leur confiance en elles, développer une relation plus apaisée avec elles-mêmes et faire évoluer leur manière d'être en lien avec les autres (accompagnement EMOTION'L).
Il ne s'agit pas de distribuer des recettes miracles ni de prétendre qu'une respiration profonde résoudra tous les problèmes du monde. Si seulement ! Il s'agit plutôt d'offrir un espace d'écoute et de réflexion, de mettre en lumière certains mécanismes et d'explorer des pistes concrètes pour avancer à son rythme.
Cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire. Savoir reconnaître les limites de son intervention et orienter vers le professionnel adapté fait aussi partie d'une démarche responsable.
Et surtout, il n'est pas nécessaire d'attendre d'être au plus mal pour s'offrir cet espace.
Prendre soin de soi, c'est aussi prendre soin de ses relations
Notre équilibre émotionnel ne se construit pas en vase clos.
La qualité de nos relations, la manière dont nous communiquons, notre capacité à poser des limites et le regard que nous portons sur nous-mêmes participent à notre bien-être quotidien.
Lorsque nous ne savons pas exprimer ce que nous ressentons, nous pouvons accumuler des frustrations. Lorsque nous avons peur de déplaire, nous pouvons dire oui alors que tout en nous crie non. Lorsque nous attendons des autres qu'ils répondent à des besoins que nous n'avons jamais exprimés, nous risquons de multiplier les déceptions. Et lorsque nous confondons amour et sacrifice permanent, nous pouvons finir par nous oublier dans des relations auxquelles nous tenons pourtant énormément.
Apprendre à mieux se connaître permet parfois de changer profondément sa manière d'entrer en relation. Non pas pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour pouvoir être davantage soi-même, sans écraser les autres ni s'effacer systématiquement devant eux.
Cela demande de la pratique, des ajustements et, parfois, un peu de courage.
Celui de dire ce que nous ressentons, de reconnaître notre part de responsabilité sans porter celle de tout le monde, de renoncer à vouloir contrôler ce qui ne dépend pas de nous ou d'accepter que certaines personnes ne comprennent pas nos choix.
La bonne nouvelle, c'est que nous pouvons développer ces compétences tout au long de notre vie. Nous ne sommes pas condamnés à répéter éternellement les mêmes scénarios sous prétexte que nous avons toujours fonctionné ainsi.
Et si vous commenciez aujourd'hui ?
À l'occasion de cette Journée mondiale de la santé mentale, je vous propose une petite expérience.
Pas besoin de tapis de yoga, de bougie parfumée ou de retraite silencieuse au sommet d'une montagne. Quelques minutes suffisent pour commencer à vous poser les bonnes questions.
Comment est-ce que je me sens vraiment en ce moment, au-delà du traditionnel « ça va » que je sers à tout le monde ?
Qu'est-ce qui me prend le plus d'énergie ces derniers temps ?
De quoi aurais-je besoin et que je ne m'autorise pas à demander ?
Y a-t-il une situation ou une relation dans laquelle je ne me sens plus tout à fait en accord avec moi-même ?
Et quelle petite action pourrais-je entreprendre cette semaine pour prendre davantage soin de mon équilibre ?
Ne cherchez pas forcément à tout résoudre aujourd'hui. Il ne s'agit pas de transformer votre existence en un immense chantier de développement personnel, avec tableaux de bord, objectifs trimestriels et réunion de suivi le vendredi matin.
Vous avez déjà probablement suffisamment de choses à gérer !
L'objectif est simplement de vous accorder un peu d'attention, sans jugement et sans attendre d'avoir atteint vos limites pour considérer que vos besoins comptent.
Parce que prendre soin de sa santé mentale, ce n'est pas être fragile. C'est reconnaître que nous sommes humains, que nous avons des ressources, mais aussi des limites, et que nous avons le droit d'être accompagnés lorsque le chemin devient plus difficile.
Votre santé physique mérite votre attention. Votre santé émotionnelle aussi. Et vous n'avez pas besoin d'attendre de perdre l'équilibre pour apprendre à en prendre soin.
Si vous ressentez le besoin de mieux comprendre vos émotions, de renforcer votre confiance en vous ou d'apaiser certaines difficultés relationnelles, je vous invite à découvrir mon approche et mon accompagnement.
Nous pouvons commencer par un Appel Clarté offert, un premier échange pour faire le point sur votre situation, vos besoins et ce que vous aimeriez voir évoluer.
Prenez soin de vous. Pas seulement aujourd'hui, parce que c'est la Journée mondiale de la santé mentale, mais aussi demain, la semaine prochaine et tous ces jours ordinaires où l'on oublie parfois que l'on compte, soi aussi, dans l'équation.
Marina Galant Experte en relations et émotions





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