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Et si tu arrêtais d’attendre que les autres changent pour aller bien ?

il y a 8 minutes
9 min de lecture

Il y a une phrase que j’entends régulièrement en accompagnement : « Oui, mais c’est lui qui… » ou « Oui, mais elle fait toujours… ». Et je comprends très bien ce réflexe.

Quand quelqu’un nous déçoit, nous blesse, ne respecte pas ce que nous avions demandé ou ne se comporte pas comme nous l’aurions souhaité, il est assez naturel de regarder ce qu’il a fait. Et parfois, soyons honnêtes, l’autre a effectivement mal agi. Il a menti, il n’a pas respecté une limite, il a manqué de considération, il n’a pas tenu sa parole.

Il ne faudrait surtout pas transformer le développement personnel en grande compétition de culpabilité où, à la fin, tu serais toujours responsable de tout ce qui t’arrive.

Non. Ce n’est pas ce que je vais te dire.


En revanche, il y a une nuance qui peut véritablement changer ta manière de vivre tes relations : tu n’es pas responsable du comportement des autres, mais tu es responsable de ce que tu fais de ce que leur comportement provoque en toi.


Et cette différence est fondamentale.

Parce que tant que tu attends que les autres changent pour pouvoir aller bien, tu leur confies, sans forcément t’en rendre compte, une partie des clés de ton bien-être.


« Mais il pourrait quand même faire un effort ! ».

Bien sûr qu’il pourrait. Et peut-être même qu’il devrait.


Le problème, c’est que tu n’as aucun bouton magique pour modifier le comportement des autres. Tu peux expliquer, demander, communiquer, poser tes limites, exprimer ce que tu ressens. Tu peux même répéter, si tu as beaucoup de patience.

Mais au bout du compte, l’autre reste libre de faire ce qu’il veut de ce que tu lui dis.

Et c’est parfois précisément cela qui est difficile à accepter.

Tu peux avoir expliqué dix fois à ton conjoint que son silence te fait du mal. Tu peux avoir dit à une amie que tu aimerais davantage de réciprocité dans votre relation. Tu peux avoir demandé à un proche de respecter une limite qui est importante pour toi. Tu peux avoir parfaitement formulé ton besoin, avec calme, douceur et communication non violente… et malgré tout, l’autre peut continuer à agir comme avant.


Et là, tu fais quoi ?

Tu recommences à expliquer ? Tu attends ? Tu te mets en colère ? Tu rumines ? Tu lui reproches de ne pas comprendre ? Tu te demandes comment lui faire enfin prendre conscience de ce qu’il te fait vivre ?

Ou tu commences à te demander : « Maintenant que je sais que cette personne ne change pas, qu’est-ce que moi, je choisis de faire ? »

Ce n’est pas du tout la même question.


Quand ton bien-être dépend de la réaction de l’autre


Prenons quelque chose de très banal. Tu envoies un message à quelqu’un qui compte pour toi et tu n’obtiens pas de réponse.

Au départ, il ne s’est rien passé de dramatique. Il n’a simplement pas répondu.

Puis ton cerveau se met au travail. « Pourquoi il ne répond pas ? » devient rapidement « Il pourrait quand même répondre », puis « Il le fait exprès », puis « Je ne compte pas pour lui », puis éventuellement « De toute façon, c’est toujours pareil avec les gens ».

Et avant même que l’autre ait eu le temps de sortir de sa réunion, de terminer sa journée ou de retrouver son téléphone qui était, accessoirement, sous un coussin depuis trois heures, tu as déjà construit tout un scénario autour de son silence.


Ce qui est intéressant, ce n’est pas de savoir si ton émotion est légitime. Elle l’est. Ce qui est intéressant, c’est de regarder ce qui se passe ensuite.

Si ton apaisement arrive uniquement lorsque l’autre répond comme tu l’espérais, tu viens de lui confier une petite partie de ton équilibre émotionnel.

Et ce mécanisme peut prendre des formes beaucoup plus importantes dans une relation.

Tu peux donner énormément à quelqu’un et attendre, consciemment ou non, qu’il te donne autant en retour. Tu peux être très présente, écouter, rendre service, anticiper les besoins de l’autre et te retrouver profondément blessée lorsqu’il ne fait pas la même chose pour toi.

Alors tu penses : « Après tout ce que j’ai fait pour elle… »

Mais une question mérite parfois d’être posée, même si elle n’est pas très confortable : avais-tu réellement donné sans rien attendre, ou espérais tu qu’elle te rende un jour ce que tu lui donnais ?


Parce qu’une attente qui n’a jamais été exprimée reste une attente. Et l’autre ne peut pas toujours deviner le contrat que tu as établi dans ta tête.


Avoir un besoin ne signifie pas que l’autre est obligé d’y répondre

C’est une distinction que je trouve essentielle dans le travail relationnel.

Tu as parfaitement le droit d’avoir besoin d’attention, de tendresse, de communication, de respect, de fidélité, de reconnaissance ou de disponibilité. Tu as le droit d’avoir des valeurs et de vouloir construire des relations qui soient cohérentes avec ces valeurs.

Mais le fait que ton besoin soit légitime ne signifie pas automatiquement que l’autre est obligé d’y répondre.

Et ça ne signifie pas non plus que ton besoin est « trop » ou que tu dois apprendre à ne plus rien attendre de personne.

Cela signifie simplement que tu peux avoir un besoin, l’exprimer clairement, puis observer ce que l’autre en fait.

Il peut l’entendre. Il peut essayer d’y répondre. Il peut ne pas en être capable. Il peut ne pas en avoir envie. Il peut avoir des besoins complètement différents des tiens.


Et à partir de là, la question devient beaucoup plus intéressante : est-ce que cette relation me convient telle qu’elle existe réellement, et pas telle que j’aimerais qu’elle soit ?

Parce que c’est souvent là que nous nous faisons mal. Nous ne sommes pas seulement en relation avec la personne que nous avons devant nous. Nous sommes parfois en relation avec la personne que nous espérons qu’elle devienne.

Et nous attendons. Encore. Et encore.


Reprendre sa responsabilité, ce n’est pas se culpabiliser


Je tiens vraiment à faire cette précision parce que « reprendre sa responsabilité » peut parfois être entendu comme « tout est de ma faute ».

Pas du tout.


Si quelqu’un te manque de respect, ce n’est pas toi qui es responsable de son manque de respect. Si quelqu’un te ment, tu n’es pas responsable de son mensonge. Si quelqu’un te trahit, tu n’as pas provoqué sa trahison simplement parce que tu as des fragilités ou des blessures.

En revanche, tu peux progressivement reprendre la responsabilité de ce que tu vas faire face à cette situation.

Est-ce que tu vas continuer à accepter ce comportement ? Est-ce que tu vas poser une limite ? Est-ce que tu vas exprimer clairement ce que tu ressens ? Est-ce que tu vas prendre de la distance ? Est-ce que tu vas décider que cette relation ne correspond plus à ce dont tu as besoin ?

Tu ne peux pas toujours choisir ce que les autres font. Mais tu peux travailler sur ta manière d’y répondre.

Et c’est là que se trouve une grande partie de ta liberté.


« Mais moi, je voudrais juste qu’il comprenne… »

Je sais.

Et parfois, c’est même ce qui nous maintient prisonnière d’une situation pendant des mois ou des années.

On attend que l’autre comprenne enfin. Qu’il réalise ce qu’il nous fait. Qu’il reconnaisse notre souffrance. Qu’il s’excuse. Qu’il change. Qu’il nous donne enfin cette attention que nous attendons.

Et tant que cette prise de conscience n’arrive pas, nous restons suspendues à quelque chose que nous ne contrôlons pas.

Imagine pourtant ce qui pourrait changer si tu pouvais te dire : « J’aurais aimé qu’il comprenne. Il ne comprend pas. Et je peux quand même avancer. »

Ou encore : « J’aurais aimé qu’elle soit davantage présente pour moi. Elle ne l’est pas. Je peux être déçue, mais je peux aussi décider de ce que je fais de cette relation. »

Ce n’est pas devenir froide. Ce n’est pas ne plus avoir besoin des autres. Ce n’est pas « lâcher prise » au sens où tu devrais tout accepter avec un sourire et une petite musique zen en arrière-plan.

C’est simplement arrêter de faire dépendre ton bien-être d’une prise de conscience qui doit venir de quelqu’un d’autre.


Et si ton travail n’était pas de changer les autres ?


C’est une question que je t’invite vraiment à te poser.

Tu peux passer beaucoup d’énergie à analyser les comportements des autres : pourquoi il fait ça, pourquoi elle ne comprend pas, pourquoi il ne communique pas comme moi, pourquoi elle ne donne pas autant que moi, pourquoi il ne voit pas tout ce que je fais…

Ou tu peux commencer à regarder ce qui se passe de ton côté.

Qu’est-ce que cette situation vient toucher chez toi ? Qu’est-ce que tu ressens réellement ? De quoi as-tu besoin ? Est-ce que tu as exprimé ce besoin ou est-ce que tu attends que l’autre le devine ? Est-ce une demande ou une attente ? Qu’est-ce qui dépend réellement de toi ? Et surtout, une question que je trouve particulièrement puissante : comment peux-tu être bien, même si l’autre ne change pas ?


Attention, cela ne signifie pas que tu dois être bien dans n’importe quelle situation. Tu peux décider qu’une relation ne te convient plus. Tu peux partir. Tu peux dire non. Tu peux poser une limite. Tu peux choisir de ne plus accepter certaines choses.

Mais tu n’es plus dans l’attente que l’autre fasse quelque chose pour que tu puisses enfin commencer à vivre.

Tu reprends ta place.


Être bien ne signifie pas ne plus être touchée


Je ne te proposerai jamais comme objectif de ne plus être déçue, de ne plus être en colère ou de ne plus avoir besoin des autres.

Tu es humaine. Moi aussi. Et heureusement, parce qu’une vie sans émotions serait probablement aussi passionnante qu’une notice de meuble IKEA.

Tu vas continuer à être touchée par certaines paroles. Tu vas parfois te sentir blessée, frustrée, triste ou en colère. Certaines personnes vont continuer à te décevoir.

L’objectif n’est pas de supprimer tes émotions.

L’objectif, c’est de pouvoir les entendre sans leur laisser systématiquement prendre le volant.

Comprendre ce qui se passe en toi, identifier tes besoins, reconnaître tes mécanismes, apprendre à poser tes limites, communiquer plus clairement et surtout retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour ne plus être entièrement dépendante de la réaction des autres.

Pour moi, c’est cela, être bien.

Pas être bien parce que tout le monde autour de toi se comporte enfin comme tu le voudrais.

Être bien même quand les autres ne répondent pas systématiquement à tes besoins.

Et cette nuance peut véritablement transformer ta manière de vivre tes relations.

Peut-être que tu n’as pas besoin de plus de conseils


Si tu te reconnais dans cet article, peut-être que tu as déjà beaucoup réfléchi à ces sujets.

Peut-être que tu as lu des livres, écouté des podcasts, regardé des vidéos sur l’attachement, les limites, l’estime de soi ou la communication. Tu sais probablement déjà, intellectuellement, qu’il faudrait moins ruminer, davantage t’écouter, poser tes limites et arrêter d’attendre que les autres devinent ce dont tu as besoin.


Mais savoir n’est pas toujours réussir à faire.


Entre comprendre que tu as le droit de dire non et réussir à dire non sans culpabiliser pendant trois jours, il y a parfois un petit canyon. Entre savoir que tu ne peux pas contrôler les réactions de ton conjoint et réussir à ne pas te laisser emporter lorsqu’il réagit mal, il y a tout un apprentissage.


C’est précisément là que l’accompagnement peut avoir du sens.


Dans mes accompagnements, je ne cherche pas à te rendre responsable de tout ce qui t’arrive et je ne vais pas te demander de devenir quelqu’un d’autre.

Je t’aide à comprendre ce qui se joue pour toi, à mettre des mots sur tes émotions et tes besoins, à repérer les mécanismes qui se répètent dans tes relations et à retrouver progressivement une capacité de choix là où tu avais peut-être surtout l’impression de subir.


Parce que mon objectif n’est pas que tu n’aies plus jamais besoin des autres.

Mon objectif, c’est que tu n’aies plus besoin que les autres changent pour pouvoir être bien.

Et peut-être que c’est justement là que commence une relation différente avec toi-même.


Et si on en parlait ?


Tu n’as pas besoin d’avoir un diagnostic, un objectif parfaitement défini ou une liste de problèmes soigneusement classés pour me contacter.

Tu peux simplement être à un moment de ta vie où tu te dis : « Je ne comprends plus très bien ce qui se passe dans mes relations », « Je réagis beaucoup plus que je ne voudrais », « Je donne énormément et je me sens toujours déçue », « Je n’arrive pas à poser mes limites » ou tout simplement : « J’ai besoin d’y voir plus clair. »

C’est justement pour cela que je propose l’Appel Clarté.

C’est un premier échange offert et sans engagement, durant lequel tu peux me raconter ce que tu traverses, ce qui te questionne et ce que tu aimerais voir évoluer. De mon côté, je peux t’aider à mettre un peu d’ordre dans tout cela et te dire franchement si je pense que mon accompagnement peut t’être utile.

Tu n’as rien à préparer. Tu n’as pas besoin de savoir exactement ce qu’il faudrait changer.

Tu peux simplement venir avec ce que tu vis aujourd’hui.

Parce qu’au fond, reprendre ta responsabilité ne signifie pas tout porter toute seule.

Cela peut aussi commencer par accepter de te faire accompagner.


Marina Galant

Experte émotionnelle et relationnelle

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